Maître Franck Méjean

Maître Franck Méjean

L’avocat des enfants et des pères « désespérés » du divorce et de la séparation

Maître Franck MEJEAN est né en 1952 à Perpignan.

Diplômé de la Faculté de Montpellier. Peu de temps après sa prestation de serment en 1978, il s’implique dans la défense des enfants de la séparation.

Participant à des mouvements associatifs, Franck MEJEAN sera souvent amené à exposer son point de vue face à des professionnels sur les grands médias français.

Il est actuellement membre du comité d’honneur de l’association « SOS PAPA » au côté d’Annie DUPERREY, d’Evelyne SULLEROT, de Claude SARRAUTE, etc…

En marge de cette activité qui domine sa vie, Franck MEJEAN, compte tenu de sa formation universitaire, s’investit également dans le droit des affaires.

Il est, d’autre part, l’auteur d’un « Guide du divorce et de la séparation » aux Editions Marabout.

Naissance d’une vocation

Devient-on « l’avocat des pères désespérés » par hasard ?
Peut-on imaginer consacrer tout son temps et toute son énergie à des causes paraissant perdues d’avance sans avoir la foi ?
Bien entendu, non !
Il faut sans conteste une foi inébranlable en la justice et en l’humanité pour s’y lancer à corps perdu comme je pense l’avoir fait.
Bien sûr, certaines rencontres renforcent la conviction, certaines affaires marquent l’esprit à tout jamais et font naître les vocations.

Il en est ainsi de l’histoire du Dr. Jamet, un homme d’une trentaine d’années qui, après s’être battu pendant cinq ans pour obtenir la garde de ses quatre filles, n’a trouvé, au début des années 80, qu’une seule issue pour se faire entendre : mettre ses jours en danger.
Au terme d’une grève de la faim de plus de huit jours entamée sur le parvis du palais de justice et de sept années de procédures, de vies gâchées, une cour d’appel du sud de la France rendra, en 1982, l’une des premières décisions de garde alternée en France, en imposant à chacun des parents une co-responsabilité et même l’obligation de rester dans le même département.
La première mais aussi la dernière !

Peu de temps après en effet, la Cour de Cassation, dans un arrêt du 2 mai 1984, affirme que la garde alternée est contraire aux dispositions de la loi.
Or, une simple étude sémantique aurait permis de constater que la haute juridiction s’était trompée : Les anciennes dispositions de la loi prévoyaient qu’en fonction de l’intérêt de l’enfant, le juge confiait la garde à l’un ou à l’autre des parents.
La conjonction « ou » permettait bien l’alternance et non pas la connexité et, curieusement, la même Cour de Cassation reconnaissait la garde conjointe – qui est bien une garde connexe – et non pas la garde alternée.

Pour de sombres histoires d’argent, le Dr. Jamet n’a pas été représenté devant la Cour de Cassation et sa réponse, qui est un arrêt de principe, est un arrêt de défaut, ce qui est tout de même extraordinaire !

La suite de l’histoire l’est encore davantage.
Ayant gardé des relations privilégiées avec Julien Jamet, je l’ai rencontré il y a trois ans. La troisième de ses filles l’accompagnait. Voici ce qu’elle me révèle : durant ces sept années de bataille judiciaire et d’enquête sociales, deux des trois filles aînées ont été violées par leur beau-père, nouveau compagnon de leur mère. Et nous avons obtenu leur garde au moment où la benjamine était le plus en danger.
Comme souvent, personne n’avait rien vu, les fillettes réagi comme toutes les gamines violées : elles n’avaient rien dit.

Dénoncé et accusé des années plus tard, le beau-père nie, reconnaissant uniquement une « relation consentante » sur l’aînée, un acte de toutes façons prescrit, la prescription en matière de viol d’enfant étant de dix ans à partir de sa majorité.
Mais en Cour d’Assises début 2000, il est finalement condamnée à six ans de prison.

Croyez-vous que le préjudice, pourtant parmi les plus graves qu’il soit de connaître en matière criminelle, soit indemnisé ?
Alors que nous demandions 400 000 francs de dommages-intérêts, nous en avons obtenu 60 000.
De qui se moque-t-on ?
Ce chèque, je l’enverrais avec plaisir au président de Cour d’Assises.

Dans toute son horreur, cette affaire-là, dont les détails dépassent largement l’imagination, m’a définitivement convaincu du bien-fondé de mon combat.
Même s’il faut être maladroit, outrancier.
Peu importe le prix à payer.

Merci à mes enfants que j’ai peu vu pendant toutes ces années, de l’avoir compris et de m’avoir encouragé.